Les blasons des lignees nobles russes

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La Belgique occupe une place particulière dans l’histoire de la diaspora russe.

Ce petit royaume au centre de l’Europe s’est avéré être un des pays les plus hospitaliers pour les exilés russes. Ce pays dont le territoire a énormément souffert de la Première Guerre mondiale appréciait la contribution de la Russie à son dénouement. Les militaires russes déchus ont pu y trouver des moyens de subsistance et la noblesse russe largement représentée dans le pays a pu occuper une position honorable dans la société belge.

Après la révolution de 1917, au même titre que de nombreux nobles et intellectuels, le petit-fils de l’illustre poète russe, Nicolas Alexandrovitch Pouchkine, fils du général Alexandre Alexandrovitch et de sa seconde épouse, Maria Pavlova, quitte le pays.

La famille du docteur en Droit, au moment du coup d’Etat d’octobre, se trouvait dans sa propriété en Crimée ce qui lui a permis comme à des centaines de milliers de compatriotes de passer en Turquie. Elle y passera deux années dans le plus grand dénuement.

L’avenir est incertain, le présent est instable. Nicolas Alexandrovitch survient aux besoins vitaux de la famille en faisant des traductions. Lieutenant de cavalerie, conseiller, juge de paix dans le gouvernement de Toula, commandant du service de sécurité noble de la famille impériale lors de son séjour en Crimée, voici la liste incomplète des insignes de la souveraineté de Nicolas Alexandrovitch. La vie en Turquie est loin d’être le futur espéré par le petit-fils du poète pour ses enfants, Nathalie et Alexandre.

La famille déménage à Belgrade, ville slave et orthodoxe. La soeur de son épouse, Marie Pétounikova, y travaille en tant que chirurgien gynécologue.

Mais le Belgrade de l’après-guerre est loin d’être un endroit tranquille.

Nicolas Alexandrovitch décide d’écrire au cardinal Mercier en Belgique.

Désiré-Joseph Mercier, archevêque de Malines et primat de l’Eglise catholique de Belgique est grandement venu en aide aux représentants de l’émigration russe.

Dans la cathédrale Saint-Rombaut, sur la tombe du cardinal, il y a une stèle en granit où l’on peut lire des mots de remerciement en russe.

Le cardinal perspicace estimait que la classe des Russes éduqués serait un bon apport à la culture et la spiritualité de la Belgique.

C’est sur son invitation que le petit-fils du poète arrive en Belgique. Après 1917, il n’y a pas que les Russes qui ont pris le chemin de l’exil mais également la culture russe, le mode de vie et la théologie.

Nicolas Alexandrovitch, comme son illustre grand-père, était un admirable dessinateur. Dans les années 30, il décrit et dessine une galerie de blasons de familles nobles émigrées en Belgique: en tout 91 blasons.

Nicolas Alexandrovitch crée «le Recueil d’armoiries des familles nobles russes». Il décrit minutieusement toutes ces armoiries.

Les armoiries de la famille Pouchkine

Un écu divisé en trois parties. Dans la partie supérieure, sur un fond en hermine, sur un coussin en velours rouge est déposée une couronne de Prince, symbolisant le fait que 9 représentants du clan Pouchkine ont signé la charte décrétant le règne du premier Romanov (1613). Dans la partie inférieure, à droite, sur fond bleu, est représenté un bras droit cuirassé tenant un cimeterre tourné vers le haut, un vieil emblème slave. Sur le fond doré gauche un aigle bleu les ailes déployées tenant avec ses griffes un glaive pointé vers le haut représentant la noblesse et le courage, le globe symbolisant la puissance.

La devise des Pouchkine est «Foi et Honneur».

Les blasons (armoiries) des familles nobles sont les témoins de l’histoire russe, des glorieux hauts-faits de générations pour le bien de la patrie.

En 1958, pendant l’exposition universelle à Bruxelles, Nicolas Alexandrovitch avait été invité au Pavillon russe, on lui avait proposé du thé avec de petits gâteaux et on lui avait demandé s’il ne désirait pas retourner en Russie. Le petit-fils de Pouchkine avait répondu: «Tant que la Russie sera soviétique, nous ne retournerons pas.».

Plus tard, en 1994, le Musée Pouchkine de Saint-Pétersbourg avait invité les Pouchkine pour la célébration des festivités d’automne. Maria et Alexandre avaient accepté l’invitation qui leur avait permis de découvrir la Russie de cette époque et constater l’amour du peuple pour Alexandre Serguéjévitch.

En 1999, ils créèrent en Belgique la Fondation Internationale Pouchkine. La Fondation a pour but de promouvoir les œuvres d’Alexandre Serguéjévitch en Belgique, de soutenir des projets culturels et d’apporter une aide charitable aux enfants.

Comme malheureusement les époux Pouchkine n’ont pas pu avoir d’enfants, ils ont, pendant des années, parrainé le département pédiatrique de l’Institut de recherche scientifique d’oncologie N.N. Pétrov de Saint-Pétersbourg et, grâce aux fonds collectés, ont pourvu ce dernier de médicaments et de matériel médical indispensables.

En Belgique la Fondation assiste régulièrement l’association caritative «Renaissance» lors de transplantations rénales aux enfants des pays de l’ex-URSS et vient en aide à l’association Solart (enfants souffrant de paralysie cérébrale).

Le second volet de l’activité de la Fondation internationale Pouchkine se trouve être la promotion de l’œuvre de l’illustre poète en Belgique et en Europe, l’organisation d’événements socio-culturels liés à ses œuvres et son legs universel.

La caractéristique du troisième volet de la Fondation est l’organisation pour des Belges et des Français de voyages en Russie qui permettent de battre en brèche les clichés négatifs et de montrer l’importance universelle de la culture russe et l’hospitalité des Russes. Durant ces années, les délégations ont pu découvrir non seulement Moscou et Saint-Pétersbourg mais également le Transsibérien et ont même pu poser le pied sur les îles Solovki. Chaque année, le 6 juin, jour anniversaire d’A.S. Pouchkine et Journée internationale de la langue russe, la Fondation organise des lectures éducatives des œuvres de Pouchkine au pied du monument dédié au poète à Bruxelles.

La Fondation Internationale Pouchkine au Royaume de Belgique organise un gala «Le patrimoine russe» au cours duquel il est attribué le prix du même nom à des Belges et des compatriotes russes qui ont indéniablement contribué au développement des liens culturels et des relations diplomatiques entre la Russie et la Belgique et à la promotion de la langue russe en Europe. Un prix «Les jeunes Pouchkine» a été institué pour les jeunes Estoniens apprenant le russe ou pour les Russes apprenant l’estonien.

En septembre 2007, une plaque commémorative a été officiellement inaugurée sur la tombe d’Elena Alexandrovna Pouchkine-Rosenmayer.

Cette cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités du monde diplomatique, artistique et culturel. On remarquait notamment la présence de M. Alexandre Boutarev, Consul de la Fédération de Russie à Monaco, M. et Mme Alexandre Pouchkine, arrière-petits-enfants du poète, Président et Vice-président de la Fondation Internationale Pouchkine, Mme Vera Gretchaninova, représentante de la Bibliothèque nationale de Moscou, M. Andrey Gubko, sculpteur, auteur de la plaque commémorative ainsi que Mme Hélène Metlov, Présidente de l’association «Perspective Internationale».

Comme l’a souligné André Barthe, l’adjoint à la Culture de la ville de Nice, cette plaque a été réalisée grâce au concours du gouvernement de Moscou et de la «Maison des Russes de l’Etranger». Elle représente un livre ouvert avec sur la page de gauche un portrait d’Elena. Sur celle de droite une inscription bilingue en russe et français. Notons que les deux associations précitées ont assuré le lien et l’organisation avec la Bibliothèque «des Russes à l’Etranger» et qu’elles ont en commun de nombreux projets avec cet établissement, en particulier, la recherche d’archives et de nombreuses manifestations sur le thème «Un siècle et demi de présence russe sur la Côte d’Azur». C’est pourquoi la présence d’amis de Beaulieu sur Mer ainsi que de Marc Douin, conseiller municipal chargé du patrimoine et de Menton, est un heureux présage pour ces projets futurs d’enrichissement de la connaissance des apports mutuels aux cultures des deux pays.